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Algues vertes et sargasses

Photo par ColsuCC BY 4.0

Les algues vertes et les sargasses : le même phénomène ?

​L’échouement des sargasses est souvent comparé à celui des algues vertes en Hexagone. S’il existe des similarités en termes de conséquences sanitaires et économiques, ces deux phénomènes s’expliquent différemment. 

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Les algues vertes en images

Nord Finistère, France

En effet, depuis des décennies, les algues vertes empoisonnent le littoral, en particulier celui de la Bretagne. D’origine naturelle, l’algue Ulva armoricana s'échoue près des plages. Mais depuis les années 1960 et à la différence des sargasses, ce phénomène s'amplifie en raison du phénomène d’eutrophisation. La principale cause correspond à un excès de nutriments, principalement l’azote issu des nitrates provenant de l’agriculture intensive et le phosphore contenu dans les sédiments marins. 

 

La prolifération des algues vertes est donc due aux activités humaines liées au modèle agricole. À l’inverse, si les sargasses trouvent également des nutriments pour se développer, leur échouement près des côtes antillaises s’explique surtout par une modification des courants. 

 

En termes de temporalité, la problématique des sargasses est relativement récente puisque les premiers échouements ont été recensés en 2011. 

 

Comme les sargasses, la décomposition des algues vertes est dangereuse car elle relâche du sulfure d’hydrogène, un gaz toxique pouvant provoquer en quelques minutes une perte de conscience ou de graves atteintes neurologiques dans le cas de fortes concentrations. Ce risque a été officiellement reconnu en 2011 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), qui a recommandé des mesures pour limiter l’exposition des travailleurs et du public. Le phénomène entraîne également un impact économique majeur : les nuisances olfactives et visuelles, tout comme la mauvaise réputation associée aux plages touchées, dissuadent les touristes, autant d'éléments rappelant les conséquences des échouements de sargasses aujourd'hui. 

Les plans de lutte contre les algues vertes

Face à ces enjeux, l’État et les collectivités ont mis en place plusieurs plans de lutte contre les algues vertes (PLAV). Trois générations de plans ont été lancées : en 2010, puis en 2017–2021 (PLAV 2), et enfin le PLAV 3 (2022–2027) actuellement en vigueur. 

Comment s'organisent les actions de lutte?

Le dernier plan repose sur 4 axes majeurs

  • Le volet préventif, considéré comme prioritaire, vise à réduire les flux de nitrates à l’échelle des bassins versants. Il s’appuie sur l’engagement des agriculteurs à modifier leurs pratiques (couverture des sols, équilibre de fertilisation, gestion du pâturage, protection des zones humides) et sur des obligations dans les zones soumises à contrainte environnementale (ZSCE). 

  • Le volet sanitaire assure la surveillance des émissions de sulfure d’hydrogène, ainsi que l’information du public. 

  • Le volet curatif, lui, organise le ramassage des algues échouées, effectué quotidiennement par les collectivités à l’aide de matériel agricole ou de travaux publics. L’État finance 100 % du ramassage et 50 % du traitement. Des obligations sanitaires incombent également aux ramasseurs telles que la présence de cabine pressurisée, de filtres à charbon actif et des tests de santé.   

  • Le volet scientifique et de connaissance appuie la modélisation des flux d’azote et l’évaluation de l’efficacité des changements de pratiques agricoles. Ce travail contribue à améliorer la compréhension globale du phénomène et à cibler les zones prioritaires.

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Certains de ces volets font par ailleurs écho à ceux qu'on peut retrouver dans les différents Plans Sargasses.

​Une fois ramassées, les algues vertes sont orientées vers plusieurs modes de valorisation. Elles peuvent être compostées dans des centres spécialisés : mélangées à des déchets verts, elles sont fermentées puis maturées pour produire un compost utilisable en agriculture ou, selon le procédé, un matériau inerte riche en sable. Elles peuvent également être épandues directement sur les terres agricoles, à condition d’être utilisées très rapidement pour éviter la fermentation. Ce traitement local, mis en place notamment dans la région de Lannion, permet de recycler les algues comme fertilisant, dans un délai strict de 24 heures entre ramassage et épandage.

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Du côté des sargasses, l’ADEME et l’ANR soutiennent conjointement certaines initiatives privées de valorisation qui respectent la réglementation environnementale, notamment dans le cadre de l'appel à projets Sargassum III. 

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Dans cette volonté de généraliser une filière de revalorisation à la fois des algues vertes et des sargasses, les députés Olivier Serva (LIOT) et le Breton Mickaël Cosson (Les Démocrates) ont mené une Mission dite flash pour étudier cette option. 

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Mais la valorisation des sargasses reste confrontée à un obstacle majeur qui freine les initiatives : la présence de métaux lourds comme l’arsenic et parfois de la chlordécone ainsi que du sable présent lors de leur échouement. Ainsi, le BRGM alertait sur l’épandage en Guadeloupe montrant que les sites guadeloupéens recèlent des teneurs d’arsenic et de chlordécone, ainsi que d’autres métaux, que les sargasses avaient absorbés en mer. De plus, les sargasses ont, tout comme les algues vertes, un caractère saisonnier, ce qui limite la disponibilité en stock pour les valoriser au sein d’une filière. 

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