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Collecte et stockage

La
collecte

Lorsqu’elles s'échouent sur la terre, les sargasses doivent être récoltées sous 48h. Celles-ci sont alors stockées dans des sites localisés à proximité des lieux d’échouements. Cependant, ces sites sont désormais saturés. L’ADEME estime, qu’à ce jour, plus de 95 % des volumes de sargasses collectées s’accumulent sur des sites de stockage face au faible développement de la filière de valorisation. 

À ce jour, il existe diverses techniques de collecte - assurée par les communes au titre de la salubrité publique - à la fois à terre et en proche côtier. À plus de 70%, l'État s’engage dans le financement de la collecte et des équipements à travers ses subventions. De son côté, le GIP Sargasses en Martinique apporte aussi des aides directes aux communes avec un taux de soutien allant jusqu'à 90%.

Depuis un arrêté de 2023 en Martinique, la collecte en mer permet la ré-immersion des sargasses de façon provisoire en mobilisant des navires collecteurs, des barges de transfert et à clapet et des remorqueurs. 

Cette politique s’inscrit dans le cadre de la Convention de Londres (1972)et du Protocole de Londres (1996) qui - respectivement - n’interdit pas le rejet des macro-algues et autorise le rejet de matière organique d’origine naturelle. 

L’avantage est que les sargasses absorbent du CO₂ par photosynthèse puis séquestrent cette biomasse dans l'océan profond. Mais alors que ces algues représentant des habitats essentiels pour des espèces protégées, les impacts écologiques et sur la biodiversité marine restent encore à être déterminés. Face aux incertitudes, le principe de précaution défini par divers traités s’applique. 

  • La Convention sur la Diversité Biologique recommande d'éviter les activités de géo-ingénierie jusqu'à ce qu'une base scientifique appropriée puisse prouver l'absence de risque pour l'environnement marin et sa biodiversité.

  • Le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE, 2009) établit le principe de précaution comme fondement de la politique environnementale européenne (Article 191) : “La politique de l'Union dans le domaine de l'environnement vise un niveau de protection élevé, en tenant compte de la diversité des situations dans les différentes régions de l'Union. Elle est fondée sur les principes de précaution et d'action préventive, sur le principe de la correction, par priorité à la source, des atteintes à l'environnement et sur le principe du pollueur-payeur. Dans ce contexte, les mesures d'harmonisation répondant aux exigences en matière de protection de l'environnement comportent, dans les cas appropriés, une clause de sauvegarde autorisant les États membres à prendre, pour des motifs environnementaux non économiques, des mesures provisoires soumises à une procédure de contrôle de l'Union.”

  • Les Conventions des mers régionales, dont la Convention de Carthagène pour les Caraïbes, engagent les parties à appliquer le principe de précaution dans leurs actions de protection marine.

Ce principe de précaution suppose une démarche de prudence, de recherche et de surveillance renforcée (Études d’impact environnemental, respect des zones protégées,etc).

Le
stockage

Transportées par camion et épandues sur des sites de stockage, les sargasses ne sont pour l’instant pas encore valorisées au sein d’une filière malgré leur potentiel. En effet, les sargasses sont constituées d’une grande diversité de composés présentant un intérêt potentiel (fibres, protéines, lipides et minéraux) qui permettrait de produire divers produits : biocarburant, biochar, bioplastique, matériaux de construction, etc. 

La Martinique compte 8 sites de stockage et la Guadeloupe en recense 12 en 2025. Pour l’instant, il n’y existe pas de réglementation spécifique pour le stockage des sargasses. Le BRGM, mandaté par l’État pour étudier l’impact environnemental de ces sites, a pour autant révélé la présence d’arsenic sur certains d’entre eux…

 

Ainsi, deux sites pilotes capables de traiter les effluents avant rejet sont à l’étude en Guadeloupe et en Martinique.

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