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Assemblée nationale

Les plans de gestion français 

Plan Sargasses I
2018 - 2022

En réponse aux échouements massifs de sargasses, l’État français a élaboré en octobre 2018 un Plan National de Prévention et de Lutte contre les Sargasses, un dispositif ambitieux visant à structurer la réponse publique face à un phénomène aussi imprévisible que dévastateur.

Le caractère irrégulier des échouements complexifie l’organisation de la gestion du ramassage des algues et l’implication pérenne des acteurs publics et privés. Par l’ampleur qu’ils peuvent prendre en certaines occasions, ces échouements sont susceptibles de provoquer de véritables situations de crise.


Le premier plan visait à déterminer l’organisation générale des moyens à engager et des actions à mener dans les zones affectées. Il prévoyait les modalités d’engagement de l’ensemble de moyens publics et privés susceptibles d’être mis en œuvre lors de ces interventions et visait à améliorer le rôle de l’État et de ses services sans négliger l’enjeu d’une association et d’une coordination des parties prenantes (collectivités et intercommunalités), en fonction de leur compétence et de leur levier d’action.

Concernant ses objectifs, il visait également à mieux répondre à l’urgence et à consolider la capacité collective d’intervention en gestion courante en dégageant des pistes d’amélioration et de développement. Enfin, il indiquait aussi des pistes de recherche, au niveau national et international, afin d’avancer sur la connaissance de l’origine et des causes de ce phénomène d’échouement d’algues sargasses ainsi que sur les moyens pour limiter, voire d’éradiquer leur développement.

Que contient-il ?

À l’intérieur du plan, outre une description générale et des éléments de contexte sur la sargasse (Partie I), on retrouve dans la Partie II comment l’État entend se mobiliser via une réponse hiérarchisée et collaborative, où chaque acteur, de la mairie au ministère, a un rôle précis, afin de limiter l’impact des échouements et de protéger les populations tout en rationalisant les moyens engagés.

Par exemple au niveau local : “les maires doivent assurer la surveillance quotidienne des plages et des côtes de leur commune, signaler tout échouement de sargasses au préfet (astreinte SIDPC) et au sous-préfet de l’arrondissement concerné, et assurer leur ramassage en vertu des articles L2212-1 et suivant du CGCT2. Ils adressent au préfet un compte rendu quotidien des observations faites et des actions entreprises. Ils informent le préfet du déclenchement de leur plan communal de sauvegarde (PCS). Ils signalent à l’ARS tout échouement massif entraînant des nuisances pour la population.”

La Partie III du Plan National détaille le fonctionnement du système d’alerte et de déclenchement d’urgence, fondé sur trois piliers : l’anticipation, la prévision et la surveillance renforcée. 

Pour anticiper les crises, les DEAL et les préfectures établissent des cartographies précises des zones à risque (plages, ports, sites touristiques, parcs naturels), en identifiant les enjeux humains et environnementaux, ainsi que les accès pour les engins de collecte. Un inventaire des moyens disponibles (humains et matériels) est également réalisé pour optimiser leur déploiement en cas d’échouement. La prévision et l’alerte reposent sur un dispositif satellitaire couplé à des modèles biophysiques, permettant de suivre en temps réel la dérive des bancs de sargasses en fonction des courants, des vents et de l’état de la mer. 

Une plateforme unique diffuse ces prévisions aux acteurs locaux, avec des données enrichies par des satellites radar (capables de percer la couverture nuageuse) et des outils de modélisation améliorés. Un volet Recherche & Développement permet d’affiner ces prévisions en s’appuyant sur les dernières avancées scientifiques.

 

Pour renforcer la surveillance, l’État mobilise des moyens complémentaires : satellites haute résolution (comme Pléiades), le service européen Copernicus en cas de crise majeure, et un réseau de caméras (BRGM/ADEME) pour valider les alertes et ajuster les interventions. L’objectif est de détecter les échouements le plus tôt possible, afin d’agir avant que les algues ne se décomposent et ne deviennent une menace sanitaire.

 

La Partie IV du Plan National contre les Sargasses organise de manière précise et hiérarchisée les moyens humains, matériels et logistiques pour lutter efficacement contre les échouements, en mettant l’accent sur la coordination, la sécurité, et la protection de l’environnement et des populations.

Enfin à ce plan sont jointes deux annexes : 

  • Annexe 1 : situation de la valorisation 

Par exemple, la préconisation de l’ADEME est de privilégier les solutions permettant de traiter de gros volumes à court terme, en améliorant les unités de traitement existantes. Des essais sur des procédés innovants à plus forte valeur ajoutée sont aussi soutenus.

  • Annexe 2 : Recommandations des autorités sanitaires en cas d’exposition au gaz émanant des sargasses

Pour télécharger le Plan National de Prévention et de Lutte contre les Sargasses

​Plan Sargasses II
2022 - 2025

Le 17 mars 2022, le gouvernement décide d’adopter un second plan interministériel pour pérenniser l’appui de l’État aux collectivités locales pour faire face au phénomène des sargasses, pour la période 2022-2025.

Se voulant plus opérationnel que le Plan National de Prévention et de Lutte contres les Sargasses en 2023 (Plan Sargasse I), ce deuxième plan insistait cette fois sur plusieurs volets : 

  • Opérationnel (mise en place de moyens de collecte) 

  • Prévision / prévention

  • Coopération internationale

  • Gouvernance 

  • Organisation

  • Recherche avec des appels à projets copiloté par l’ANR et l’ADEME

Que contient-il ?

Ce plan prévoyait 26 mesures pour mieux connaître, prévenir et lutter contre ce phénomène naturel. Il établit un socle de priorités, de financements et de principes de gestion des sargasses, avec pour objectif qu’ils aboutissent en une déclinaison territoriale et opérationnelle avec les collectivités, en cours de concertation locale, notamment dans les territoires les plus concernés (Martinique, Guadeloupe et Iles du Nord). 

Le plan annonçait une mobilisation de 3 millions d’euros, incluant des financements internationaux, pour la recherche amont consacrée à la compréhension et la prédiction de la prolifération des algues sargasses, et de 3 millions d’euros pour des actions de recherche appliquée, en matière de valorisation des algues collectées notamment.

 

Ce Plan Sargasses II faisait également le bilan du Plan Sargasses I : 

Il est ainsi indiqué que “Le plan Sargasses 1 a produit des résultats positifs mais n’a pas atteint pleinement les objectifs visés, notamment en termes de collecte”. 

Il est également revendiqué un certain nombre de réussite puisqu’il est indiqué que le Plan Sargasse I a permis de : 

  • Renforcer le réseau de capteurs sur les territoires permettant une veille sanitaire

  • Mutualiser la surveillance et la prévision des échouements à l’échelle des Antilles françaises

  • Renforcer la dotation des communes et EPCI en moyens de collecte : financement d’un parc d’engins constitués principalement de tractopelles, pelles mécaniques, camions, cribleuses

  • Développer la recherche, notamment grâce à un appel à projet de l’ANR de l’ordre de 9 millions d’euros permettant le financement de 12 projets de recherche

  • Développer la coopération régionale, notamment au travers de la conférence internationale de 2019 (Guadeloupe)

  • Définir un cadre financier par la mise en place d’une circulaire ministérielle relative à l’organisation de la collecte des sargasses et à l’emploi des crédits délégués.”

Néanmoins, si le Plan Sargasses I, avait été élaboré pour répondre à un phénomène ponctuel et en mode "gestion de crise", face à la répétition et à l’intensification des échouements, il est apparu que les solutions mises en place a posteriori (après l’échouement) ne suffisaient pas à résoudre les problèmes sanitaires, environnementaux et techniques. 

 

Ces limites opérationnelles ont donc conduit à un changement de paradigme, qu’entendait saisir le Plan Sargasses II : il ne s’agit plus de gérer une crise ponctuelle, mais de mettre en place une approche durable, structurée et préventive pour faire face à un phénomène devenu récurrent et systémique. Le Plan Sargasses II entendait donc industrialiser la filière de gestion des algues, en s’appuyant notamment sur une chaîne de traitement continue et synchronisée, de la collecte au recyclage avec pour objectif de transformer une contrainte environnementale en opportunité, en combinant efficacité opérationnelle, protection sanitaire et valorisation des algues.

Les 26 mesures tirées du Plan Sargasses II  

Mesure 1 :  Pérenniser dès 2023 la fourniture d’un service de prévision par Météo France pour la prévision des échouements de sargasses à 4 jours ainsi qu’une tendance de 15 jours à 2 mois

 

Mesure 2 :  Rédiger et pérenniser un plan territorial de gestion du phénomène d’échouement des sargasses, pour la Martinique, la Guadeloupe et les îles du nord, en concertation étroite avec les collectivités locales

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Pour télécharger le Plan National de Prévention et de Lutte contre les Sargasses 2022-2025

Au cours de cette période, ​​deux groupements d’intérêt public dédiés à la gestion des sargasses ont été créés par convention entre l’État et les deux collectivités régionales : le GIP Sargasses en Martinique et le SARGIP en Guadeloupe. Ces structures ont vocation à devenir les interlocuteurs uniques des partenaires financiers et institutionnels. Leur mission consiste à coordonner l’action publique avec les communes, à piloter certaines opérations mutualisées de collecte et de stockage, ainsi qu’à assurer l’information de la population, la coopération régionale et le développement des connaissances. Les actions mises en œuvre par les GIP sont soutenues par les crédits du Plan national de lutte contre les sargasses 2022-2025. 

En Martinique, le GIP se structure progressivement depuis septembre 2024. En Guadeloupe, la cellule PULSAR continue d’assurer la coordination des actions dans l’attente de la création du Syndicat mixte chargé de la gestion opérationnelle et qui sera couplé au GIP, organe stratégique. 

 

Concernant les résultats de la mise en œuvre de ce plan, une évaluation réalisée sur la période devrait prochainement être rendu public.

Plan Sargasses III
2026 - 2030

François Bayrou, ex Premier Ministre, a annoncé un troisième plan sargasses le lundi 26 mai 2025 lors du comité interministériel de la mer Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), dont la mise en œuvre est prévue « dans les mois qui viennent ».

En effet, un plan Sargasses III devrait être officialisé prochainement pour la période 2026-2030.

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